Les « utiliterres » : un art populaire
Le grès a permis dès le début de présenter un large éventail dutilitaires, cuits au feu de bois. Quelques-uns sont présentés (9) et jalonnent les années au gré de la fantaisie de clients : beurrier, main à sel, chocotte, café-calva et cette recherche se prolonge souvent par le service de table (11), notamment pour les cadeaux de mariage.
Lacquisition dun four à gaz ouvrit les horizons de la porcelaine et aussi du Raku. Régulièrement léquipe se propose un thème de travail qui court sur plusieurs années. Il permet dapprofondir les styles, de les réactualiser, dinnover. Après « du fond des mers », à partir de lan 2000, le travail se focalise sur loxyde de fer dans la terre et les glaçures : « lâge du fer », cest le moment de vérifier lomniprésence de ce métal dans la céramique.
La plus belle et la plus riche conquête reste le céladon : cette glaçure mythique destinée à remplacer le jade. Lalbarelle exposée (10) est en porcelaine, rehaussée de bleu et de violine. Son correspondant est cette glaçure de Shino : même pourcentage doxyde de fer et même cuisson réductrice, mais un équilibre silice/alumine inversé. Autant le céladon évoque leau, autant ce shino rappelle la terre dans ce mizusachi (16), pot à eau pour le thé.
Il nétait pas possible dignorer une autre famille de glaçures riche en fer, le tenmoku, loccasion est ainsi donnée dessayer une « goutte dhuile » (17) issue directement de « lâge du fer ».
Autres découvertes liées à ce thème, la lampe (7) et le pyrophore (18) introduisent la pratique de lenfumage à la sciure, sur des terres cuites rouges et sigillées. Ces pièces invitent déjà au voyage par la lumière et par le feu.
Et leau est présente dans « atoll » (15), grande coupe enfumée « raku », cuisson japonaise issue de la cérémonie du thé.
Pour les grosses pièces, le contraste viendra de la porcelaine décorée 3ème feu (8), intitulée « Jamiropot », le filet dor illumine le décor floral et celtique.